Votre dalle béton penche, présente des bosses, ou vous voulez surélever une terrasse au niveau du seuil ? Poser un caillebotis sur plot réglable permet de créer une surface parfaitement plane au-dessus d'un sol imparfait, sans le casser ni le reprendre.
Pourquoi passer par des plots plutôt que poser à plat
Un caillebotis posé directement sur un support suit toutes ses irrégularités. Si le béton présente un creux, la dalle y bascule ; si la pente d'écoulement est marquée, votre table et vos chaises la suivent. Les plots intercalent entre le support et le revêtement une série de points d'appui que vous réglez un par un. Le dessus devient horizontal, ou très légèrement incliné, pendant que l'eau continue à s'écouler librement en dessous, sur le support d'origine.
Cette pose a d'autres avantages. Les gaines et les tuyaux peuvent passer dessous. L'air circule, ce qui fait sécher le bois plus vite. Une dalle abîmée se soulève et se remplace sans toucher aux autres. Et vous gagnez de la hauteur quand le seuil de la porte-fenêtre est bien au-dessus de la dalle existante.
En revanche, sur une pelouse ou une terre meuble, un plot posé tel quel s'enfonce. Il lui faut une assise dure : dalle béton, pavé, carreau de terre cuite ou petite semelle sur gravier compacté.
Plots fixes, réglables ou autonivelants
Sous le même nom se cachent plusieurs familles :
- Les plots fixes ou cales : des galettes de hauteur constante, que l'on empile ou que l'on combine avec des rehausses. Économiques et simples, ils conviennent aux petites corrections.
- Les plots réglables à vis : une embase et une tête reliées par un fût fileté. Vous tournez la tête pour monter ou descendre, souvent au millimètre près, même une fois la dalle posée avec certains modèles.
- Les têtes autonivelantes : la tête pivote pour compenser la pente du support. Le plot reste vertical alors que le sol penche de quelques pourcents.
Chaque modèle couvre une plage de hauteur indiquée par le fabricant, avec des rallonges pour aller plus haut. Vérifiez cette plage avant d'en acheter un carton : un plot réglé au maximum de sa course est moins stable qu'un plot de taille supérieure réglé à mi-course.
Dalles directement sur les têtes ou sur lambourdes ?
Deux schémas existent. Dans le premier, les dalles reposent directement sur la tête des plots, placés à chaque angle : un plot porte quatre coins de dalles, et des ailettes en croix sur la tête fixent l'écart entre elles. Ce montage convient aux dalles rigides et régulières, céramique ou certaines dalles bois épaisses prévues pour.
Dans le second, plus courant avec les caillebotis bois ou composites, les plots portent des lambourdes, sur lesquelles les dalles se vissent ou se clipsent. Cette ossature répartit mieux la charge et autorise des dalles plus fines. C'est aussi le montage le plus tolérant si vos dalles ne sont pas parfaitement identiques.
Régler l'entraxe et la hauteur, étape par étape
- Nettoyez le support et repérez son point haut et son point bas : la hauteur de vos plots en découle.
- Fixez la hauteur finie, en tenant compte du seuil de porte et de l'épaisseur des dalles.
- Tracez au cordeau l'implantation des plots ou des lambourdes, à l'entraxe donné par la notice des dalles ou des lambourdes.
- Posez les plots d'angle et réglez-les au niveau laser ou à la règle et au niveau à bulle.
- Tendez un cordeau entre les plots d'angle et réglez les plots intermédiaires sur ce repère.
- Posez les lambourdes ou les premières dalles, contrôlez le niveau, corrigez plot par plot.
- Terminez par les bordures, en laissant un jeu le long des murs.
Ne laissez jamais une lambourde ou une jonction de dalles sans plot en dessous. Aux raccords entre deux lambourdes, doublez le plot ou placez-en un de chaque côté de la jonction.
Le matériel à réunir avant le chantier
Prévoyez un niveau à bulle long ou un niveau laser, une règle de maçon, un cordeau et quelques piquets, un mètre ruban, une craie ou un crayon de chantier, et une clé de réglage si les plots en demandent une. Comptez les plots à partir du plan d'implantation, en ajoutant une marge pour les bordures et les jonctions, qui en consomment plus qu'on ne l'imagine. Gardez aussi sous la main quelques cales fines et des rehausses : sur un vieux béton, il y a toujours un point plus bas que prévu. Des genouillères rendent le réglage, long et répétitif, beaucoup plus supportable.
Sur une toiture terrasse ou un balcon étanché
La pose sur plots est très employée sur les toits terrasses justement parce qu'elle ne perce rien. Elle demande pourtant des précautions. L'étanchéité ne doit pas être poinçonnée : beaucoup de plots se posent sur une plaquette de protection, et certains revêtements d'étanchéité imposent leur propre type d'appui. Le poids ajouté, revêtement, mobilier, jardinières et personnes, doit rester compatible avec la structure.
Pour toutes ces raisons, demandez l'avis du syndic en copropriété, ou d'un professionnel de l'étanchéité ou de la structure si vous êtes propriétaire, avant de lancer le chantier. Les garanties d'une étanchéité récente peuvent dépendre de la façon dont on a posé quelque chose dessus.
Ce qui fait échouer une pose sur plots
Le défaut le plus fréquent est un plot posé sur un support qui n'est pas dur : il s'enfonce au fil des pluies et la dalle se met à danser. Viennent ensuite le réglage approximatif, qui donne une surface ondulée, et l'oubli d'une rive de finition : vu de côté, un caillebotis surélevé laisse apparaître ses plots et ses lambourdes, où s'accumulent les feuilles. Une plinthe ou une lame de rive posée en bordure, avec quelques jours pour l'aération, règle la question.
À retenir Des plots sur un support dur, un réglage au cordeau et aucun joint sans appui : la surface reste plane et l'eau s'écoule dessous. Sur une étanchéité, un avis professionnel d'abord.
Pour la suite du chantier, voyez comment fixer des caillebotis sur lambourdes, et pour l'ensemble du projet, le guide de la terrasse en caillebotis. La rubrique pose des caillebotis regroupe les autres méthodes.
